Programmes pour la surveillance « immorale » des citoyens

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Des milliards d’euros provenant de fonds de recherche scientifique alloués par l’Union européenne sont consacrés au développement et au financement de programmes controversés visant à développer des technologies de sécurité et de surveillance pour les citoyens européens, selon une enquête de The Guardian.

En outre, au moins 1,3 milliard d’euros seront alloués à cette recherche au cours des 7 prochaines années.

Détection des personnes qui mentent

Un eurodéputé allemand, Patrick Breyer, a poursuivi la Commission européenne après que le forum européen a refusé de fournir des détails sur un projet aussi controversé, appelé iBorderCtrl, visant à développer de nouvelles technologies pour détecter les soi-disant «microexpressions faciales» à travers lesquelles ils peuvent identifier les personnes qui mentent.

Cependant, un journaliste qui a testé l’efficacité de ce système en 2019 (alors jugé à la frontière entre la Hongrie et la Serbie) a échoué au test: même s’il a donné des réponses honnêtes, le «policier virtuel» a considéré qu’il avait menti et l’a qualifié de «menteur», suggérant que de nouveaux contrôles soient effectués sur son cas (ce qui ne s’était jamais produit auparavant).

Fondamentalement, un programme d’intelligence artificielle a décidé qu’une personne avait besoin de plus de contrôles pour entrer dans l’UE, car la machine appréciait que l’homme lui ait menti.

L’eurodéputé Breyer a décrit la technologie comme un « hocus pocus pseudo-scientifique » sur la sécurité.

De plus, iBorderCtrl soulèverait des questions éthiques car il désavantagerait les personnes noires handicapées dès le départ, ainsi que les enfants et les personnes âgées: dans ces cas, le système pourrait donner plus d’erreurs dans l’interprétation des « micro-expressions » faciales.

Breyer a demandé plus d’informations à la Commission européenne pour mieux documenter les aspects éthiques et juridiques de ce projet. Cependant, la Commission lui a refusé l’accès, invoquant la protection des secrets commerciaux.

Par conséquent, Breyer a poursuivi la Commission. La Cour européenne de justice décidera si, dans ce cas, l’intérêt public est plus important que les secrets commerciaux. Dans le cas d’une telle décision, la Commission européenne sera tenue de soumettre les documents requis par le député européen.

L’affaire sera jugée par la Cour européenne l’année prochaine.

Horizon 2020: des recherches «bonnes» et «mauvaises»

Horizon 2020 est le programme-cadre de recherche et d’innovation de l’Union européenne. Au cours de la période 2014-2020, des subventions au titre de ce programme ont été attribuées à des chercheurs d’une valeur de 80 milliards d’euros.

Horizon finance des recherches de toutes sortes, à partir des études sur le cancer du côlon à celles liées à l’amélioration des systèmes d’irrigation pour l’agriculture.

Cette année, par exemple, la société allemande BioNTech a bénéficié des fonds Horizon pour le développement du vaccin anti-COVID développé en collaboration avec Pfizer.

Au cours des 7 dernières années, à travers le programme Horizon 2020, 1,7 milliard d’euros ont été alloués au développement de diverses technologies utilisées par les agences de sécurité ou de contrôle aux frontières: on parle de drones, de programmes d’intelligence artificielle, de réalité augmentée ou d’interprétation de données biométrique. Tous utilisés à des fins de surveillance, de sécurité et de contrôle.

Les citoyens auront moins de droits

Les responsables européens affirment que ces innovations s’avéreront cruciales dans la lutte contre la criminalité ou le terrorisme. En même temps, il y a un intérêt économique, destiné à rendre les entreprises européennes et les entreprises du domaine capables de concurrencer sur le marché international avec celles des États-Unis, d’Israël ou de la Chine.

Mais ce qui provoque des troubles parmi les militants des droits humains, c’est l’influence croissante des sociétés de sécurité sur le projet Horizon.

Certains experts qui ont collaboré à des projets de sécurité financés par l’UE ont exprimé des doutes sur le soi-disant intérêt public que certains de ces programmes serviraient.

Certains projets encouragent le développement de technologies biométriques qui peuvent être utilisées sans demander le consentement de la personne concernée. Comment considérer une telle chose éthique?

L’application COVID-19 qui vous signale à la police

La pandémie COVID-19 n’a fait qu’accélérer le développement de ces technologies de surveillance par les gouvernements de l’UE. L’utilisation de drones de surveillance a connu une augmentation sans précédent, tout comme les technologies basées sur la reconnaissance faciale utilisant des données biométriques.

En Pologne, par exemple, une telle application a été lancée grâce à laquelle les citoyens mis en quarantaine doivent télécharger des selfies pendant la journée pour prouver qu’ils sont isolés. L’application combine la géolocalisation avec la technologie de reconnaissance faciale et avertit immédiatement la police si l’utilisateur ne respecte pas la quarantaine ou refuse de télécharger un selfie.

À partir de l’année prochaine, Horizon 2020 sera renommé Horizon Europe. Pour la période 2021-2027, le projet disposera d’un budget alloué de 86 milliards d’euros et d’un fonds alloué à la recherche en sécurité d’un montant de 1,3 milliard d’euros.

En outre, un budget complémentaire de 8 milliards d’euros sera alloué à la recherche dans le domaine des technologies militaires.

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